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Flambée de violence au Pakistan après la mort de Bhutto

Par Imtiaz Shah Reuters - il y a 1 heure 30 minutes

KARACHI (Reuters) - Une flambée de violence s'est emparée vendredi du Pakistan où des milliers de partisans de Benazir Bhutto, chef de file de l'opposition pakistanaise tuée dans un attentat suicide à Rawalpindi, sont descendus dans les rues pour exprimer leur rage.

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Dans le nord-ouest du pays, une explosion survenue lors d'une réunion électorale a tué trois personnes dont le candidat aux élections législatives d'un parti soutenant le président Pervez Musharraf, a rapporté la police.

"L'explosion est survenue lors d'une réunion électorale du PML (Q)", a déclaré Mohammad Iqbal, un policier. "Le candidat et deux de ses partisans ont été tués", a-t-il ajouté.

Les forces de l'ordre ont reçu l'autorisation de "tirer à vue" dans la province de Sindh, dont Bhutto était originaire, après la mort d'un policier abattu par des inconnus armés dans un quartier de Karachi.

"Oui, tirer à vue sur toute personne qui veut s'en prendre à la vie de citoyens innocents ou aux biens publics", a déclaré vendredi à Reuters le ministre de l'Intérieur du gouvernement régional de la province de Sindh, Akhtar Zaman.

Dans la ville d'Hyderabad, dans le sud du pays, la police a ouvert le feu sur un groupe de manifestants, blessant cinq d'entre eux.

"Nous avons ouvert le feu lorsque les manifestants sont devenus violents et que nous ne parvenions pas à les disperser. Cinq d'entre eux ont été blessés par balles", a déclaré Abdul Qadir Summo, un policier.

Les rues de Karachi, chef-lieu de la province de Sindh et plus grande ville du Pakistan, étaient quasiment vides vendredi, la plupart des magasins ayant gardé leurs portes closes. Les bus et les taxis ont déserté la ville quadrillée par les forces de sécurité.

"Depuis la nuit dernière, il y a eu beaucoup de dégradations. Des magasins, des voitures et des bâtiments publics sont incendiés", a déclaré Azhar Ali Farooqi, haut responsable de la police de Karachi.

"Nous essayons de contrôler la situation mais l'émotion est très forte", a-t-il ajouté.

Des violences ont éclaté jeudi en plusieurs points du pays après l'annonce de l'assassinat de l'ancien Premier ministre, qui a fait descendre dans les rues des milliers de ses partisans en colère.

"MUSHARRAF ASSASSIN"

La province de Sindh est le secteur le plus affecté. Quatre personnes ont été tués dans son chef-lieu, Karachi, entre jeudi soir et vendredi matin, ont rapporté des responsables hospitaliers.

Des incendies ont été signalés en divers points de la province, bastion des partisans de l'ancien Premier ministre.

Un journaliste de Reuters qui a fait le trajet de Karachi à Larkana, le district dont Bhutto était originaire, a vu des centaines de véhicules en flammes et de nombreux magasins incendiés.

Les manifestants ont également mis le feu à un train qui était à l'arrêt.

"De plus en plus de gens rejoignent les manifestations. Des groupes de jeunes ont bloqué la plupart des routes dans le district de Larkana et ses environs avec des pneus en flammes", a constaté le journaliste de Reuters.

Certains manifestants scandaient des slogans hostiles au président pakistanais Pervez Musharraf.

Celui-ci a condamné l'assassinat de la chef de file de l'opposition et décrété trois jours de deuil.

La formation de Bhutto, le Parti du peuple pakistanais (PPP) a annoncé qu'elle allait observer quarante jours de deuil tandis que l'ancien Premier ministre Nawaz Sharif, figure de l'opposition, a appelé à une grève générale vendredi.

L'ensemble du pays est touché par ces actes de violence.

Dans le nord du Pakistan, à Peshawar, les locaux de partis pro-Musharraf ont été incendiés, a rapporté un témoin.

Dans la province du Baluchistan, dans le Sud, les manifestants ont incendié une gare, plusieurs banques, des véhicules et des bâtiments publics", a rapporté la police.

A Muzaffarabad, chef-lieu du Cachemire pakistanais, des manifestations ont également eu lieu mais elles se sont déroulées dans le calme, selon un témoin.

"Musharraf assassin", scandaient les manifestants.

Avec la contribution de Faisal Aziz, version française Gwénaelle Barzic

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